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228 Les Spectacles de la Foire.
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à la hauteur de sa réputation, il se fit donner par lui des leçons de danse de corde. Cet inimitable artiste ne joua pas seulement à Paris, il se rendit plusieurs fois en Angleterre avec son camarade Placide, et tous deux reçurent souvent à Londres les applaudissements des Anglais pour l'adresse et l'agilité qu'ils déployaient dans leurs périlleux exercices. Un de leurs émules, le sauteur anglais Joë Grimaldi, descendant de ce fameux Nicolini Grimaldi dit Jambe de fer, qui parut avec éclat en 1740,1741 et 1742 aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent à Paris, a rendu justice, dans ses curieux Mémoires (1) récemment publiés par- Charles Dickens, au talent prodigieux du Petit Diable et de Placide. Après plusieurs mois passés en Angleterre et à la suite d'une mésaventure dont on va lire plus bas les détails, le Petit Diable revint à Paris et reparut en 1781 sur le théâtre des Grands-Danseurs du Roi. Il y fut reçu par le public parisien avec de vigoureux applaudissements et y resta jusqu'en 1789, époque où il passa définitivement à l'étranger. Le Chroniqueur désœuvré a parlé en ces termes du Petit Diable : « Je me contenterai de dire un mot des fieurs Placide et'Pol, fur-nommé le Petit Diable, les premiers qui aient pouffé fi haut l'art du danfeur de corde ; mais autant ces deux vagabonds font recherchés pour leur talent, autant on fuit leur fociété. Les filles qui d'habitude compofent journellement le fpectacle des Grands-Danfeurs du Roi leur doivent chacune une nuit: ils font avec elles ce que font les officiers de garnifon envers les femmes des bourgeois ; tant qu'ils font dans une ville, les beautés qui y demeurent leur appartiennent de droit. Ils font maintenant en Angleterre où ils ont manqué de fe faire lapider. Placide, frère de la Billioni des Italiens... eut la bêtife dc danfer fur la corde, devant tous les Goddems affemblés, avec un drapeau aux armes de France. Il a fallu qu'ils demandaffent pardon, comme fit le beau Vcftris pour une circonftance qu'il eft inutile de rapporter puifque tous
(1) Cest par les Mémoires de Joë Grimaldi que nous apprenons que Ie Petit Diable s'appelait Paulo Rédigé. Jusqu'ici on ne lui connaissait d'autre nom que celui de Pol. Son père était un saltimbanque du boulevard, nommé Jean Redigé, à qui nous avons consacré plus loin un article, et sa sœur, dite la Petite Saxonne, faisait assez habilement des exercices d'équilibre.
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